Jeudi 30 Mars 2017 - 15:15

Au-delà de la défaite de l’équipe de France féminine de water-polo face aux Italiennes (5-16), le mardi 28 mars à Montreuil, le sélectionneur Florian Bruzzo voulait retenir l’engagement et l’investissement de ses joueuses.

Un mot sur le match ?

C’est une rencontre qui a été très compliquée pour nous. En dépit de l’écart au tableau d’affichage, il y a des motifs de satisfaction. Au niveau du jeu et alors que nous avons eu peu de temps pour travailler, je trouve que les filles ont bien réagi aux consignes. C’est très encourageant !

Louise Guillet (capitaine de l’équipe de France, ndlr) s’est dite satisfaite de l’engagement de ses partenaires. Quel est ton avis ?

Depuis mon arrivée aux commandes de l’équipe de France (septembre 2016), je mets l’accent sur le combat. Avant la technique et la tactique, je pense qu’elles doivent être des athlètes engagées. Nous sommes dans un sport d’opposition avec beaucoup de duels et si on ne dispose pas de cette athlétisation on ne pourra pas exister. C’est le message que je leur ai fait passer et j’ai l’impression qu’elles commencent à comprendre ce vers quoi je veux tendre.

Quelles consignes as-tu donné aux joueuses avant la rencontre ?

Je ne leur ai parlé que du jeu et absolument pas du contexte et de la qualité de leur adversaire (les Italiennes vice-championnes olympiques, ndlr). Je m’en suis tenu à ce que je leur répète depuis six mois.

C’est-à-dire ?

Depuis que j’ai pris les commandes de la sélection, je leur dis de travailler, de travailler et de travailler encore. Dès qu’elles peuvent s’entraîner un peu plus de leur côté, elles doivent le faire. Si individuellement elles arrivent un peu plus forte au moment des regroupements nationaux, cela sera bénéfique pour l’ensemble de l’équipe. C’est le seul message que je leur délivre depuis six mois parce que je considère que l’exigence est la seule ligne de conduite à suivre au quotidien. L’équipe nationale, ce n’est que 100 jours par an. Les 265 autres, elles doivent s’organiser pour progresser.

Est-ce que ton message passe auprès des joueuses ?

Nous avons eu sept jours en novembre, quinze jours en janvier, quatre jours en février et quatre jours en mars. Ce n’est pas grand-chose d’autant que nous n’avons jamais eu l’effectif au complet. La difficulté de cette équipe, c’est également qu’elle s’est classé septième aux championnats d’Europe avec un matelas de trois ou quatre buts d’écart sur le huitième, mais aussi un déficit de huit ou neuf buts face aux formations du dessus. Ce groupe a du mal à trouver une opposition de son niveau. Pour l’heure, on s’attache à trouver des progrès dans le jeu. Je ne leur parle que de ça. Il existe aussi des critères objectifs sur les performances dans l’eau, hors de l’eau et en musculation. On ne se concentre que sur le jeu et forcément les scores ne peuvent pas refléter le travail, parce que perdre 20 à 4 ou 16 à 5, c’est la même chose. Mais j’affirme qu’on progresse et qu’on avance. Pas assez vite à mon goût, comme pour tous les entraîneurs, mais nous avançons.

Les Françaises sont-elles à la hauteur de tes attentes ?

J’estime que le niveau d’exigence que j’ai avec elles, c’est l’ABC du water-polo de haut niveau. On ne peut pas être en-dessous de ce que je demande. Nous avons mis en place un système de préparation physique individualisée pour celles qui souhaitent arriver aux stages dans les meilleures conditions. Il faut qu’elles soient prêtes et ce sera dur, mais plus elles seront en forme en arrivant et mieux elles le vivront.

Comment vas-tu aborder les Mondiaux de Budapest ?

Tout dépendra de nos six semaines de préparation en juin. Si elles sont capables de tenir une cadence d’entraînement et d’exigence sur toutes les dimensions de la performance, alors je serais capable de me projeter sur la suite et sur nos objectifs.

N’est-ce pas une manière de libérer ton groupe d’une certaine pression ?

Mais quelle pression peut-on se mettre ? J’ai connu ça, l’année dernière, avec les garçons parce qu’ils étaient professionnels et avaient investi toute leur vie dans le water-polo. Ce n’est pas le cas avec les filles. Elles s’entraînent quatre, cinq ou six fois par semaine pour les meilleures. Elles doivent être conscientes des efforts à fournir pour atteindre le très haut niveau. Si elles veulent disputer les Jeux Olympiques, il y a tout un ensemble de paramètres à respecter.

Louise nous a confié que lorsque tu es arrivé à la tête de la sélection, les filles étaient persuadées que tu pourrais les conduire jusqu’à Tokyo. C’est flatteur ?

Pour être honnête, je trouve cela plutôt inquiétant !

« Inquiétant » ?

Qu’elles aient confiance en moi, c’est une excellente chose, mais je suis entraîneur d’une équipe nationale 100 jours par an. Je peux optimiser leur niveau de base, mais je ne peux pas le créer puisque je ne les ai pas au quotidien. Elles attendent toujours qu’on les aide, mais c’est à elles d’investir leur projet. Meilleures elles sont et meilleure l’équipe de France sera, peu importe le sélectionneur en place !

Si les filles investissent leur projet, peut-on rêver d’une qualification olympique à Tokyo ?

Pourquoi pas ? Pourquoi on n’y arriverait pas ? On n’est pas plus stupides que les autres.

Est-ce un objectif avoué ?

Si on se dit sportif de haut niveau, on se doit de viser les meilleures compétitions. Le top, c’est les Jeux Olympiques, fin de l’histoire.

Recueilli par A. C.

Le saviez-vous ?

Les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 sont les premiers depuis Munich en 1972 à se dérouler sans aucun boycott.
L’eau libre a fait son apparition aux J.O. en 2008. Seul le 10 km figure, au programme de la plus grande compétition planétaire
Jean Boiteux a remporté le premier titre olympique de la natation française aux Jeux d’Helsinki de 1952  avec 400 m nage libre en 4’30’’07
Les championnats du monde de Barcelone en 2013 sont les premiers à avoir accueilli des épreuves de High Diving
Les premiers championnats du monde de natation se sont disputés en 1973 à Belgrade
Pour la première fois il y aura une épreuve de duo mixte en natation synchronisée aux championnats du Monde 2015
Les relais mixtes apparaissent pour la 1ère fois en compétition officielle lors des champ. d’Europe de Chartres en petit bassin (2012)
Le plongeon tricolore n’a ramené qu’une médaille olympique. C’était Mady Moreau en 1952 à Helsinki, qui a terminé deuxième du tremplin à 3 m
Environ, 6 400 bassins existent en France, 650 bassins sont certifiés FFN
Le plongeon a intégré le programme olympique dès les Jeux Saint-Louis en 1904
Le water-polo a été le premier sport collectif français champion olympique à Paris en 1924. Les Bleus ont battu la Belgique en finale (3-0).
12,7 millions de français pratiquent la natation en loisir
La FINA inaugure les épreuves des duos mixtes en natation synchronisée lors des championnats du monde de 2015 à Kazan.

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